L’Ashtanga est un style de yoga composé de séries prédéfinies de postures, ce qui signifie que l’ordre ne peut pas être modifié par le professeur : la séquence reste la même peu importe où tu pratiques dans le monde. Il existe six séries au total, mais très peu de gens atteignent la dernière — en raison de sa difficulté extrême.
La première série, appelée Yoga Chikitsa (thérapie yogique en sanskrit), est la plus accessible. C’est une série guérissante, à la fois physique et mentale. Il y a même des statistiques sur cette pratique : on estime qu’il faut environ 4 ans de pratique régulière — six jours par semaine — pour intégrer une série. Autant dire que la vie tourne autour de cette discipline !
Il est plus facile de s’y engager pleinement en vacances, lors d’un stage, ou en Inde pour un voyage autour du yoga. Mais dans la “vraie vie”, les choses se compliquent. Comme le disait Pattabhi Jois : la famille est la septième série d’Ashtanga, et aussi la plus difficile. Dans cette vie réelle, on fait de son mieux, sans culpabilité si un jour on ne fait pas la série entière — ou pas du tout. L’essentiel, selon moi, c’est de pratiquer avec amour, pour soi, pour son corps et son esprit. Sinon, quel est le sens ?
Un peu d’histoire
J’ai mentionné Pattabhi Jois, considéré comme le père de l’Ashtanga. C’est lui qui a rendu cette pratique célèbre. Élève de Krishnamacharya — grand maître yogi originaire du Karnataka, dans le sud de l’Inde — Jois a étudié une méthode appelée Yoga Korunta.
Krishnamacharya aurait aidé le Maharaja de Mysore à guérir d’une maladie grâce au yoga.
Jois a ensuite ouvert son premier petit studio (shala) à Lakshmipuram, Mysore. Avec l’arrivée de pratiquants occidentaux, sa renommée a grandi. En 2002, il a ouvert un shala plus grand à Gokulam, où sa fille Saraswathi, aujourd’hui âgée de 84 ans (née en 1941), continue de transmettre cette pratique.
Jois a beaucoup voyagé, notamment aux États-Unis, pour diffuser l’Ashtanga. Il est cependant important de mentionner les accusations portées contre lui par plusieurs élèves pour des ajustements et comportements inappropriés.
Une pratique exigeante, mais transformatrice
La deuxième série, Nadi Shodhana, vise à purifier les canaux énergétiques du corps. Elle marque le début d’un profond travail de transformation. Et si tu doutes… essaie donc Kapotasana.
Quant aux séries suivantes… il faut être incroyablement fort, souple. Oui, le niveau est presque acrobatique.
Mais malgré la difficulté, la pratique est magique, presque addictive. Elle crée un cocon méditatif, où la répétition devient apaisante. Elle enseigne la patience, la dévotion… et surtout, l’humilité.